SFS & Digital

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Partner, Responsable de la Practice Assurance, Retail & Digital

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Anas HAKAL, Consultant Assurance, Retail & Digital

Les SFS au coeur de la transformation digitale

Face à la transformation digitale, les services financiers spécialisés (SFS) se sont organisés pour se mettre au niveau des attentes de leurs clients et répondre aux enjeux d’efficacité opérationnelle.

Face à la concurrence des nouveaux acteurs, une réglementation stricte et une exigence client forte, les services financiers spécialisés s’appuient aujourd’hui plus que jamais sur le digital en vue de répondre à ces défis.

La transformation digitale, accompagnée de nouveaux standards de service (simplicité, instantanéité, temps réel, transparence), s’est imposée depuis plusieurs années dans tous les secteurs. Les services financiers spécialisés, que nous définirons par financement de biens d’équipement, location longue durée et services d’affacturage, ont des clients avec des attentes et pratiques similaires aux clients de banques de détail. A la tête d’entreprises utilisant des solutions de financement spécialisé, nous retrouvons des dirigeants familiers avec les solutions bancaires innovantes, en tant que particulier ou client banque privée. La plupart des dirigeants d’entreprise utilisent en effet dans leur vie personnelle des outils digitaux à leur disposition (smartphone, tablette) : portemonnaie électronique (Amazon Pay), carte de crédit intégrée au smartphone (Apple Pay ou Google Pay) pour effectuer des paiements, agrégateur de compte (Pumpkin) ou autres fonctionnalités développées par les néobanques et banques en ligne. Ainsi, navigant déjà dans les usages d’instantanéité et de simplicité du digital, ces dirigeants d’entreprise s’attendent tout naturellement à utiliser la même sophistication de services dans le cadre de leurs activités professionnelles.

Comment la transformation digitale se matérialise dans les activités SFS ?

A des niveaux variés, les différentes activités de financements spécialisés sont concernées par la transformation digitale.

Afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle et maintenir la rentabilité, la digitalisation des offres de leasing, dans une logique de plateformisation, permettent de multiplier les sources de revenus tout en maîtrisant les coûts (acquisition client et gestion des contrats en ligne, plateforme mettant en relation les propriétaires d’actifs sous-utilisés et les utilisateurs potentiels, paiement à l’usage…).

D’autre part, les acteurs de la location longue durée (LLD) sont de plus en plus disruptifs pour proposer de nouveaux produits et services à forte valeur ajoutée via le digital (solutions interconnectées, accessibilité depuis tout type de terminal, pilotage de la flotte en temps réel, optimisation de la gestion de parc). Enfin, la dématérialisation des factures, les processus dématérialisés et automatiques, se substituant au conseiller, et le paiement rapide de factures apparaissent naturellement comme des enjeux incontournables pour l’affacturage.

De nouveaux entrants en embuscade et de plus en plus nombreux

En plus d’être tirée par l’expérience client et de nouveaux services à forte valeur ajoutée, cette révolution digitale est bien aiguillée par l’apparition et la croissance de pure players de type Fintech, nouveaux sur le marché des services financiers spécialisés et bénéficiant de plateformes technologiques innovantes et agiles. Acteurs disruptifs et souhaitant construire rapidement leur base client, ces acteurs ultra-agiles ciblent petites entreprises et professionnels (95% des entreprises en France) via des offres simplifiées et digitalisées.

Avec une activité en forte croissance, le secteur de l’affacturage a laissé une belle part aux nouveaux entrants mettant l’accent sur l’expérience client (rapidité et flexibilité).

Ainsi, la fintech Smart Treso propose une plateforme digitale à destination des PME et ETI de cession des factures commerciales. La solution permet une grande souplesse et un financement sous 24h. De son côté, Finexkap propose une solution complétement digitale (onboarding, cession des factures…) et spécifique aux besoins de TPE / PME (retour sur éligibilité en 0,87 secondes après saisie du SIREN de l’entreprise et paiement rapide des factures). De même, EDEBEX propose un parcours client digital à destination des TPE / PME sans engagement de durée ou de montant.

Côté leasing, citons la fintech allemande Compeon qui propose un portail de financement digital pour les PME. Sur la supply chain, la fintech tunisienne Wevioo qui accompagne les industriels africains dans l’aventure de la digitalisation et l’industrie 4.0 (pilotage et suivi des flux logistiques sur application mobile, affichage digital en entrepôt des opérations de réception et d’expédition, digitalisation du poste de travail, plateforme collaborative de planification de la charge/affectation des ressources, etc.).

S’appuyant sur les nouvelles technologies d’intelligence artificielle ou de digital, les fintechs se rendent de plus en plus incontournables pour gagner en efficacité et en productivité.

Comment s’organisent les grands groupes bancaires et les acteurs industriels qui ont des captives de financement ?

Les grands groupes bancaires n’ont pas attendu de se faire emporter par le tourbillon de la révolution numérique pour réagir et se mettre en ordre de marche. Ils peuvent s’appuyer sur les innovations réalisées dans leur coeur de métier B-to-C afin de les déployer et les adapter au monde du B-to-B. Ainsi, Crédit Agricole met en avant sa solution interne « pensée comme une Fintech » Cash in Time permettant le paiement des factures en 24h avec un processus d’onboarding simple et destiné aux TPE / PME.

De même, BNP Paribas Factor a mis en place une application mobile permettant une gestion dématérialisée de la relation d’affacturage entre ses clients. Ce genre de technologie simplifie par exemple la gestion financière des entreprises artisanales du bâtiment, qui ont conclu en 2020 un partenariat avec BNP Paribas Factor.

En outre, les mouvements de partenariats se multiplient avec les fintechs, les acteurs traditionnels apportant leur expertise métier et les fintechs leur solution technologique. BNP Paribas Factor a fait le choix de s’allier avec la fintech Aston ITF pour adopter une démarche commune en faveur des PME souhaitant optimiser leur trésorerie. Cette fintech propose une plateforme de réduction des délais de paiement et la couverture du risque d’impayés pour les PME.

Une présence encore discrète des GAFAM mais qui se renforce progressivement

Bénéficiant d’une solide maîtrise des nouvelles technologies et d’une plus grande capacité à s’adapter aux nouveaux usages, les GAFAM ont également toute leur place dans ce nouvel écosystème. A l’image d’Amazon qui met sa plateforme digitale à disposition d’ALD (filiale de location longue durée du groupe SG) pour que cette dernière diffuse ses offres aux particuliers en Espagne. Amazon apparaît d’ailleurs comme le plus menaçant des GAFAM, offrant depuis plusieurs années des cartes de crédit et des solutions de financement à ses clients. Outre une informatique d’exception, le groupe de Seattle a l’avantage d’être une marque reconnue partout dans le monde, mais aussi implantée localement, dans les pays, grâce à son système de livraison. Une présence physique, concrète, qui peut inspirer confiance.

Enfin, d’autres acteurs non bancaires s’engouffrent également dans la brèche de la digitalisation des services financiers spécialisés.

Filiales dédiées de grands groupes (IBM France financement, Siemens Financial Services…) ou captives de constructeurs automobiles (Renault, Volkswagen), ces acteurs poursuivent une politique digitale volontariste. Filiale française du groupe RCI Bank and Services (filiale à 100 % du groupe Renault), DIAC simplifie l’achat et l’usage de véhicules neufs et d’occasion grâce à un éventail d’offres en ligne variées et adaptées aux besoins personnalisés de chaque client.

Les enjeux des services financiers spécialisés

Cette transformation digitale des SFS répond in fine aux enjeux majeurs auxquels font face les grands groupes bancaires sur ce secteur d’activité si particulier :

Clients
– Nouvelles attentes des entreprises (simplicité et souplesse dans la sélection des factures, rapidité d’exécution et de paiement, intégration rapide et complète de solutions dans l’environnement de travail.
– Approche centrée client pour faire face à leurs nouvelles attentes sur le crédit consommation (délais de traitement plus rapides, ajustement des échéances, nouveaux canaux de distribution en ligne, transparence).
– Offre globale de mobilité pour répondre aux nouvelles attentes des clients : autopartage, co-voiturage, LLD de vélos électriques…

Marchés
– Elargissement du marché de l’affacturage aux TPE/PME.
– Capacité de proposer une offre standardisée vs surmesure nécessitant flexibilité et agilité pour toucher des segments de clientèle très différents (de la PME à la grande entreprise).
– Développer et optimiser les différents canaux de distribution d’offres de financement de biens d’équipement (partenariats internes, canal direct, agents, courtiers).

Maîtrise des risques
– Mise en conformité avec les différentes réglementations bancaires pour les filiales de banque.
– Evolution de la fiscalité automobile avec un alignement essence/diesel.
– Automatisation des processus KYC grâce à l’apport des nouvelles technologies dans les tâches de collecte, recensement et traitement de l’information.
– Maitrise du risque opérationnel et de la fraude.

Efficacité opérationnelle
– Réingénierie des processus métiers et fonctionnels de bout en bout.
– Sécurisation et automatisation des processus et gains de productivité avec la RPA.
– Réduction des coûts d’exploitation IT avec l’utilisation du Cloud.
– Réduction des risques opérationnels et importance du dispositif de lutte contre la fraude.
– Utilisation du machine learning/intelligence artificielle pour enrichissement de la chaine de valeur (chatbot, robo-advisor).

Cette tendance de fond implique pour les banques d’une part la mise en place d’une gouvernance plus agile et d’autre part la transformation de leur business model : bâtir une trajectoire avec des objectifs quantifiés, identifier les compétences et outils clefs et même faire évoluer les mentalités et la culture interne. Ainsi, cette transformation digitale va bien au-delà de l’enjeu organisationnel et débouche sur un nouveau projet d’entreprise à mettre en oeuvre. Comment mettre en place une telle gouvernance pour les métiers SFS ? Jusqu’où aller dans l’évolution du business model ? A quel rythme ? Sur quel périmètre ? Quelles conséquences sur leur modèle de distribution ? Quels bénéfices en tirer ? Harwell Management a la capacité de vous accompagner dans cette réflexion. Et si nous en parlions ensemble ?